La 15e conférence des Nations unies sur le réchauffement climatique s’est soldée par un accord a minima. « Une déclaration d’intention complètement décalée par rapport à l’urgence climatique », estimait Jean-Yves Le Drian à son retour de la capitale danoise. Le président du Conseil régional de Bretagne et son vice-président Christian Guyonvarc'h représentaient le NRG4SD (réseau mondial des gouvernements régionaux pour le développement durable) à la réunion du « Climate group » qui a précédé le ballet des cent vingt chefs d’État et de gouvernement. Cela leur a valu de côtoyer les soixante membres composés de gouvernements locaux  (Californie, Écosse, Bavière…), de grandes aires urbaines (New York, Londres) et d’entreprises engagées dans les bilans carbone. Un pas de plus pour notre Région qui avait piloté l'organisation du premier Sommet mondial des régions sur le changement climatique organisée à Saint-Malo en octobre 2008. La lutte contre le réchauffement planétaire ne doit plus être l’apanage des seuls États-Nations. « Les régions du monde doivent permettre un ressaisissement, ce sont elles, en effet, qui assument l’essentiel des mesures d’atténuation et d’adaptation nécessaires, expose le président Le Drian. Elles doivent montrer que c’est possible concrètement et anticiper sur la crise en mettant en œuvre des mesures contraignantes. »

Faire de la Bretagne une région éco-pionnière

En marge de la conférence interétatique de l’ONU, l’élu breton a présenté les actions conduites par la Région en matière énergétique : renouvellement et extension du parc de TER, plan énergie de 2007, dispositif Eco Faur. « L’exemple breton  de l’Eco Faur en faveur de l’aménagement urbain éco-responsable a fortement intéressé les membres du Climate group que nous avons rencontré à Copenhague », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse tenue à Rennes. La prochaine adhésion au Climate group témoigne de l’engagement de la Région Bretagne face aux changements climatiques. L’an passé, le centre international d’expertise climatique Climsat impliqué dans la collecte d’informations sur le réchauffement climatique s’est installé à Brest. Bien décidée à s’affirmer comme « une région éco-pionnière », la Bretagne confirme « sa détermination à atteindre l’objectif de moins 30 % des gaz à effet de serre en 2020 ». Elle ambitionne également de réduire de 75% des émissions d'équivalent carbone d'ici 2050. Elle en émet actuellement 15 millions de tonnes. Par ailleurs, dès 2010, tous les marchés publics de la Région imposeront aux établissements soumissionnaires de respecter la norme internationale ISO 26 000 (règles sociétales comme les conditions de travail, l’égalité des sexes...). Après ce sommet climatique bien chaotique, le chef de l’exécutif breton toujours volontariste conclut : « L’impuissance des États à Copenhague doit conduire les régions à prendre l’initiative et à être exemplaire pour deux. »