Tartans bretons


En Écosse, chaque région voire chaque famille a son propre tartan identifiable par le choix des couleurs, la taille des carreaux et leur distribution. Mais, le kilt n’est pas une exclusivité écossaise. Ainsi, la Bretagne revendique-t-elle trois tartans. Le National Breton reprend le vert de l’argoat (la terre), le bleu de l’armor (la mer) ainsi que le noir et le blanc du gwenn ha du. Le Brittany Walking, parfait pour la randonnée et le Menez Du (Montagne Noire) sont les deux petits derniers. Fondateur de la boutique Territoires Gaëlic à Quimper et Breizhlander de la première heure, Patrick Doré a opté pour le look du Tartan National Breton. « J’ai été surpris par l’aspect anti-folklorique du kilt », explique-t-il.



La Maison du kilt

« Le kilt est le symbole vestimentaire interceltique par excellence », lance Richard Duclos à la tête de La Maison du kilt nichée à Paris dans le quartier de Montparnasse. Un premier voyage en Écosse inocule le virus du kilt à ce Breton de Paris, originaire de Plouray qui craque pour un tartan du clan Douglas : "Je trouvais cet habit magnifique". Au point de proposer plus de 500 tartans dans ce commerce qu'il a ouvert en 2004 l'an dernier, rue du Maine. Impossible de rater sa boutique au 12 rue du  Maine (elle est voisine de
la Coop Breizh) qui offre toute la panoplie du costume traditionnel écossais : sporran, kilt pin (épingle de kilt), sgian dubh (couteau celtique), broches de plaid, chapeau balmoral. Ce commerce est riche également de pull Irlandais 100% laine d'Irlande, chemises Highlander, pantalons, vestes et gilets en velours pour l’homme et la femme. Ce temple interceltique vend haggies, fudges et shortbread, ces trois ou quatre aliments indispensables à l’Écossais sujet au mal du pays. Richard Duclos rénove même les cornemuses. Le maître des lieux nous révèle l'adresse de son QG à Paris : The Auld Alliance. À deux pas du quartier Saint-Paul, ce pub constitue un îlot écossais dans la capitale française. La veille du Tartan Day, grand rassemblement des porteurs de kilt, Richard Duclos y entraîne les Breizhlanders, les porteurs de kilt de Bretagne et de Celtie et leur président Jean-Marc Moser.

Kilt & Co

Moulé dans un Brittany Walking, Jean-Marc Moser est l’un des pionniers du kilt en Bretagne. Ce Nizonnais est intarissable sur les vertus de la tenue identitaire des celtes et parle même de « phénomène de transfiguration ». Il y a quelques années, avec le regretté José Le Meur, il rencontre par hasard le créateur du tartan breton, Richard Duclos. Ils constatent que « si nombre de personnes possèdent un kilt, elles ne le portent pas ». Ils décident alors de lancer un grand rassemblement des porteurs de kilt en Bretagne qui réunit, l’été 2003, une quarantaine de gaillards, le pipe-band de Saint-Brieuc et quelques sonneurs de la région. Dans la foulée du second rassemblement l’an dernier, ils créent l’association des Breizhlanders - raccourci entre Bretagne et Highlands écossaises - qui fédère les porteurs de kilt de Bretagne et de Celtie. Le kilt a la côte, car l’association compte rapidement près de cent membres. Ils sont en effet de plus en plus nombreux, en Bretagne et ailleurs, à craquer pour le kilt. Les 7 et 8 avril prochain, la baie de Somme (Eu, Mers les Bains, Le Tréport, Criel sur mer) accueillera le Tartan day 2007. La kiltmania va encore frapper !




Ronan LE FLÉCHER


Pour en savoir plus sur les Breizhlanders : http://breizhlanders.spaces.live.com/